Pourquoi s’intéresser…

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Pourquoi s’intéresser à une finance différente et comment ?

Léo : – Bonjour Kam. Tu sais, je viens d’assister à un colloque sur la finance durable. Les participants venaient d’horizons très diversifiés qui avaient en commun de penser que chacun a un rôle à jouer dans le fonctionnement de la société et dans la construction du monde que nous laisserons à nos enfants.

Kam : – Oui oui, c’est surtout un sujet à la mode…

Léo : – Tu ne peux pas dire cela ! D’autant que tu es toi même convaincue qu’il est important et possible pour chacun d’agir pour améliorer l’existence de tous, notamment en cherchant à orienter la manière dont les ressources sont allouées dans l’économie. Les entreprises cotées l’intègrent et de plus en plus de sociétés de gestion adoptent cette démarche dans la construction des produits qu’elles offrent car non seulement cela répond à une demande réelle mais en plus il ressort que le rendement de ces fonds est équivalent à celui des fonds « classiques » : au final, les fonds socialement responsables sont bons pour le client, bons pour les entreprises, bons pour la planète et la société ! Preuve que nous sommes sur la bonne voie, Novethic a délivré cette année 156 labels ISR.

Kam : – Tant mieux si les choses avancent et si les entreprises valorisent ces principes ! Je trouve super que les produits financiers permettent de mettre en cohérence valeurs morales, sociales, vision du monde et choix d’investissement. Tu as évoqué les performances de fonds ISR, est-ce que tu peux nous donner quelques détails sur ces fonds ?

Léo : – Bien sûr. L’investissement socialement responsable vise à orienter les comportements et les décisions des entreprises afin qu’elles prennent mieux en compte les attentes des parties prenantes en intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les choix d’investissement (Novethic). L’idée est que via ces fonds, les investisseurs peuvent privilégier les titres d’entreprises œuvrant dans des secteurs qu’ils souhaitent favoriser et éviter ceux qui vont à l’encontre de leur éthique personnelle1, pour encourager les bonnes pratiques. Les supports sont des Sicav. En France, le premier fonds éthique, Nouvelle Stratégie 50, a été conçu par la sœur Nicole Reille pour financer la retraite des religieuses âgées et incluait une analyse du comportement des entreprises.2 Il existe différentes pratiques et typologies de fonds (best in class, exclusion, thématiques, engagement, fonds éthiques, de partage, solidaires, d’entreprises sociales, d’aide au développement)…, et la richesse de cette offre permet aux investisseurs de construire un portefeuille diversifié, équilibré, avec des stratégies décorrélées. C’est une autre façon de penser la finance, on sort des sentiers battus : on trouve par exemple des fonds en faveur de la protection de la forêt, de l’emploi ou encore de l’aide au développement. C’est cet univers que l’on vous propose de vous faire découvrir et tous les produits qui nous paraissent aller dans le bon sens que nous allons vous faire connaître et vous permettre de sélectionner.

Kam: – C’est vraiment motivant ! Mais pour ceux qui ne détiennent pas de SICAV ou préfèrent des produits comme des livrets ou des DAT et qui veulent néanmoins donner du sens à leur épargne, qu’est-il possible de faire ?

Léo : – Tu as raison, il existe une déclinaison complémentaire de cette même démarche et qui passe par des fonds ou par des supports bancaires. Il s’agit de la finance solidaire qui permet aux épargnants de favoriser avec leurs placements des projets à forte utilité sociale et environnementale. En termes d’épargne solidaire, par exemple à Pyrénées Gascogne on peut placer son argent sur un livret, tout ce qu’il y a de plus classique, à ceci près que les sommes collectées servent à financer des entreprises de moins de cinq ans et que de surcroît l’argent placé donne droit à des tookets (mettre lien) attribués par les épargnant aux associations de leur choix pour les aider à exercer leur mission et à se développer : on fait ainsi d’une pierre trois coups !

Kam : – C’est un beau programme, complètement cohérent avec nos valeurs de mutualisme et de solidarité, j’adhère !!! Et je propose à tous ceux qui nous rendent visite sur ce site de s’engager à nos côtés, pour donner du sens et de l’utilité à nos actes, pour devenir des façonneurs responsables de la société et de l’environnement dans lesquels nous voulons vivre. Je vous invite à partager cette phrase de Saint-Exupéry que j’aime particulièrement et à adopter ensemble la ligne de conduite qui nous est proposée « Etre homme, c’est précisément être responsable. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.» A. de Saint-Exupéry, Terre des hommes.

 

ISR : gadget, diversion ou avenir ?

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En cette période de bourrasque financière et économique où l´avenir même de nos Etablissements est posé, où la confiance de nos clients est ébranlée, n’est-il pas tout simplement incongru de parler ISR à nos clients ?

L’on peut d’ailleurs raisonnablement se poser la question sur les conditions de réussite d’une telle entreprise, en ce moment, tant la méfiance du public à l’encontre des placements en valeurs mobilières est exacerbée d’autant que le message est apporté par un banquier affublé de tous les défauts et objet de toutes les critiques.

Ce qui rend la thèse plausible auprès du public et de notre clientèle et qui est aussi difficile à vivre à notre niveau, c´est le silence assourdissant de nos dirigeants nationaux qui ne défendent pas la profession.

Seul et peut-être envers tous notre Directeur General va courageusement au devant de notre clientèle et nous lui en savons gré.

Pour revenir à l’ISR, car forcément nous sortirons de cette crise, je ne crois pas au scénario du pire, je vais exprimer mes croyances, mes convictions et la démarche que j’ai adoptée.

Je suis en effet parti de loin lorsque l´on m’a proposé d´intégrer l’équipe en charge de créer un site dédié à la vente de fonds ISR.

Il y a un mot que j’ai toujours rattaché à mon travail de banquier c’est celui d’éthique (secret professionnel, objectivité de l’analyse, moralité, honnêteté etc.) et avec ma personnalité et donc mes qualités et mes défauts j’ai essayé dans tous les secteurs ou j’ai évolué de l’appliquer du mieux que je pouvais.

J’ai retiré une forme de fierté d’avoir contribué (modestement) au développement de projets particuliers ou d’entreprises avec pour corollaire aussi mon lot d’erreurs de jugement (sur les personnes, situations etc. …)

C´est donc un élément qui m’a rapproché du concept ISR qui se veut par nature transparent envers tout souscripteur.

C´est donc un projet de long terme auquel je crois.

Cependant il me semble utile de préciser quelques éléments clefs qui doivent concourir à la réussite d’un tel projet :

• Un projet d’entreprise : faire partager le concept ISR à l’ensemble des collaborateurs CAM PG (et même au-delà), en priorité les commerciaux, ce doit être en effet un projet d’entreprise qui ne doit pas se confiner au stade laboratoire; c’est donc un immense chantier de formation qui nous attend, il s’agit d’un élément fort de différenciation avec la concurrence.

• Label indépendant : accepter l´analyse et les critères imposés par des organismes indépendants (Novethic, Finansol etc …) à même de garantir la traçabilité, le contenu, la gestion des fonds, Il s’agit de renforcer la confiance de nos souscripteurs

• La qualité de notre offre : au niveau du site en termes de lisibilité, de simplicité d’utilisation etc.) mais aussi au niveau de la gamme des fonds sélectionnés.

En conclusion, je dirais que les conditions d’exercice du métier de la banque sont en train d’évoluer d’une manière beaucoup plus rapide que toutes les évolutions que nous avons pu connaitre par le passé, je me réfère notamment à l’évolution des relations clients banque, à l’équilibre emplois – ressources que nous devrons respecter ainsi qu’à la désintermédiation probable d’une partie de notre activité qui en découlera.

Ce qui va nous obliger à entamer une mue profonde, peut-être douloureuse.

L’ISR, parmi d’autres évolutions prévisibles, peut constituer un effet de levier et un élément de différenciation dans le domaine stratégique de la collecte mais aussi d’une manière plus générale dans le rapport de confiance qui doit exister avec nos clients.

Kam et Léo… Pour que le monde garde ses couleurs !

Nous sommes de plus en plus nombreux à attendre des entreprises qu’elles prennent davantage en compte dans leur management et leur gestion les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Aussi, on s’attendrait à ce que les fonds d’Investissement Socialement Responsable (ISR), justement constitués sur ces critères, connaissent un fort engouement. Or leur succès est encore modeste (*) et c’est dommage. Toutes les banques proposent pourtant des fonds ISR à leurs clients. Elles ont fait du boulot, sélectionné, assemblé, étiqueté. Mais ces produits nombreux, parfois compliqués, sont le plus souvent « posés sur les étagères » à côté ou au milieu des autres. Nous pensons que cette difficulté d’accès et, surtout, cette banalisation ne respectent ni la puissance de ces produits, ni la démarche de ceux qui y souscrivent. Ils méritent mieux…

Leur puissance d’abord. J’en ai pris conscience en échangeant avec des spécialistes du réchauffement climatique, en particulier Jean Jouzel (médaille d’or du CNRS, membre du GIEC – prix Nobel de la Paix 2007 –) pour qui l’ISR est le moyen le plus efficace de réduire les effets de l’activité humaine sur le climat. Cette affirmation m’a fait réfléchir. J’y souscris aujourd’hui pleinement. Si tous les épargnants se montrent exigeants, les pratiques dans le Monde entier vont changer, plus que par la décision d’un Etat ou une hypothétique résolution internationale de toute façon « facultative ». Les actionnaires peuvent peser bien plus lourd, ce qui fait des fonds ISR des produits pas comme les autres…

Notre démarche ensuite. Selon la pionnière de l’ISR en France, Sœur Nicole Reille, « il n’y a pas de placement pur ; l’investissement éthique, c’est surtout de faire passer des idées ! ». Cela signifie que la souscription à l’ISR n’est pas la souscription d’un produit, mais la souscription à une démarche, une démarche d’exigence. Cela veut dire que l’investisseur ISR ne cherche pas un portefeuille d’entreprises parfaites, mais veut inciter à progresser celles qui ont intégré les critères de durabilité dans leurs décisions de gestion, qui agissent déjà mieux que les autres, et qui s’améliorent. Il veut les pousser à aller plus avant. Ce n’est pas tant leur pureté qui lui importe, mais bien leur mouvement !

Au regard de ces deux convictions de puissance et d’exigence, celui ou celle qui choisit l’ISR est au-delà de l’investissement dans une démarche extra-financière. Il veut que la sélection des valeurs, la gestion, les contrôles, respectent les règles techniques, mais respectent aussi les principes éthiques. Il a besoin de savoir que son interlocuteur est sincère et adhère au même mouvement. Voilà pourquoi, après échanges avec Kam, Léo et quelques autres, nous avons décidé de créer un lieu pour ces fonds ISR. Un espace spécialisé, un espace où l’on puisse acheter ces produits, mais surtout, où l’on puisse en parler, où l’on puisse s’informer, où l’on puisse se rencontrer et échanger. Kam et Léo, c’est ça. C’est une boutique et un forum ouverts à ceux qui veulent investir responsable, les yeux grands ouverts…

« Les vertus privées font les mœurs publiques ». Ces paroles de Phocion renvoient nos indignations, révoltes, impatiences, à nos propres responsabilités. J’ai toujours été fasciné par les femmes et les hommes qui, confrontés à des changements inédits de leur environnement, la guerre, l’occupation, les idéologies dangereuses, ont trouvé la force et l’énergie pour agir, résister, et finalement corriger les faux-pas de l’histoire. Certains sont devenus des héros ; l’immense majorité n’a pas laissé de trace dans les livres. Qu’importe ! Ils ont témoigné de l’essentiel : des gens ordinaires peuvent, par leurs vertus privées, marquer profondément les mœurs publiques. L’ISR est dans ce domaine un formidable espace à conquérir. Il cherche encore ses pionniers…. A nous d’agir !

(*) Selon les chiffres de Novethic (avril 2011), les fonds ISR, en forte progression, pèsent en France 68 Milliards d’euros, soit 2,6% des fonds gérés. 30% sont détenus par des particuliers, dont près de la moitié au travers de l’épargne salariale. 1 Euro sur 6 d’épargne salariale est placé en ISR. Les placements directs des français restent donc marginaux.